Selon les chiffres publiés par l'Association nationale des unités de santé familiale (USF-AN), 682 médecins de famille pourraient prendre leur retraite entre 2026 et 2029.

La vague la plus importante est attendue cette année, puisque 503 médecins rempliront les conditions pour prendre leur retraite. 179 départs à la retraite supplémentaires sont prévus au cours des trois années suivantes.

Parallèlement, 1 446 médecins actuellement en première ou deuxième année de formation spécialisée pourraient obtenir leur diplôme de médecin de famille d’ici 2029.

À première vue, cela semble largement suffisant pour remplacer ceux qui partent. Mais le Portugal part d’un déficit considérable.

L’USF-AN estime qu’il faudrait aujourd’hui 588 médecins généralistes supplémentaires pour assurer un médecin à chaque personne inscrite au Service national de santé (SNS).

Si l’on tient compte des médecins temporairement dans l’incapacité d’exercer, notamment ceux en arrêt maladie ou occupant d’autres fonctions, la pénurie estimée s’élève à 980.

L’association fait la moyenne de ces deux chiffres, estimant la pénurie actuelle à environ 785 médecins généralistes.

Si l’on ajoute les 682 départs à la retraite prévus, le Portugal aurait besoin d’environ 1 467 médecins généralistes supplémentaires d’ici 2029.

Ce chiffre est remarquablement proche des 1 446 médecins actuellement en formation.

La formation des médecins n’est qu’une partie de la solution

Ces chiffres suggèrent que le Portugal pourrait, en théorie, disposer d’un nombre suffisant de médecins généralistes nouvellement diplômés pour combler à la fois la pénurie actuelle et les départs à la retraite prévus.

Mais cela dépend de la capacité de ces médecins à mener à bien leur formation et, surtout, à rester disponibles pour exercer au sein du SNS.

Des médecins généralistes pourraient également être réintégrés dans le système public. L’USF-AN estime qu’environ 1 000 d’entre eux exercent actuellement en dehors du SNS, tandis que plusieurs centaines de médecins généralistes portugais travailleraient à l’étranger.

L’association fait valoir que le retour de certains de ces médecins pourrait constituer une autre voie pour pourvoir les postes vacants.

Le problème ne se limite pas aux médecins.

L’USF-AN estime que le Portugal manque également d’environ 280 infirmières de famille et de 270 secrétaires cliniques, qui travaillent toutes deux aux côtés des médecins de famille dans le cadre des soins de santé primaires.

L’association affirme que des équipes complètes sont indispensables si le Portugal souhaite améliorer l’accès aux soins de première ligne, plutôt que de se contenter d’augmenter le nombre de médecins sur le papier.

Pour les patients qui attendent depuis des années qu’un médecin généraliste leur soit attribué, ces chiffres sont une source d’optimisme.

Le Portugal forme presque suffisamment de nouveaux médecins de famille pour combler à la fois la pénurie actuelle estimée et les départs à la retraite prévus d’ici 2029. Le plus grand défi consistera à s’assurer qu’un nombre suffisant d’entre eux finissent effectivement par exercer là où le SNS en a besoin.

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