Le versement intégral des indemnités de maladie aux patients atteints d’un cancer aurait un impact net de 14 millions d’euros sur le budget de l’État, « ce qui ne représente que 1,4 % du total des dépenses consacrées aux indemnités de maladie », selon la LPCC (Ligue portugaise contre le cancer).

La LPCC a averti vendredi que le système actuel d’indemnités de maladie « pénalise particulièrement » les travailleurs aux faibles revenus et considère donc comme une priorité que ces indemnités soient portées à 100 %, d’autant plus que cela aurait « un impact très faible » sur le budget de l’État, rapporte RTP Notícias.

L’étude intitulée « Versement des indemnités de maladie aux patients atteints de cancer » a été commandée par la LPCC et réalisée par le cabinet de conseil Forvis Mazars. Selon cette étude, la baisse des revenus des patients atteints de cancer intervient à un moment où ceux-ci doivent également faire face à une augmentation des coûts directs et indirects liés à la maladie.

« Pendant le traitement, les frais de santé sont plus élevés, tandis que s’accumulent les répercussions économiques liées à l’absentéisme, à la perte de productivité et à l’invalidité prolongée », a déclaré la LPCC.

Par conséquent, la LPCC considère comme une priorité de « renforcer la protection des revenus des personnes atteintes d’un cancer lorsqu’elles se trouvent dans l’incapacité de travailler ».

Impact financier sur le budget de l’État

« L’étude démontre que le renforcement de la protection accordée aux patients atteints de cancer a un impact très faible sur les finances publiques. Les 14 millions d’euros estimés ne représentent que 1,4 % du total des dépenses liées aux indemnités de maladie, mais peuvent faire une différence très significative dans la vie des patients et de leurs familles. Les personnes confrontées à un diagnostic de cancer ne devraient pas devoir faire face, en même temps, à une baisse aussi importante de leurs revenus », a déclaré Vítor Veloso, président de la Ligue portugaise contre le cancer, dans le communiqué de presse.

L’étude souligne également que les patients atteints d’un cancer qui se mettent en arrêt maladie peuvent subir une perte de revenus importante.

« Au cours des 30 premiers jours d’arrêt maladie, par exemple, un salarié percevant un salaire brut de 920 euros peut perdre 44 % de son revenu net, tandis que pour un salaire brut de 1 694 euros, la perte peut atteindre 35 % », a précisé M. Veloso.

Dans un scénario où les patients atteints d’un cancer percevraient 100 % de leurs indemnités, les dépenses de la Sécurité sociale augmenteraient d’environ 34 millions d’euros, « mais l’augmentation des recettes de l’État, estimée à 20 millions d’euros, réduirait l’impact net de la mesure à environ 14 millions d’euros, soit 1,4 % du total des dépenses liées aux indemnités de maladie.»

Cas de cancer au Portugal

Environ 61 000 nouveaux cas de cancer sont enregistrés chaque année au Portugal, avec une prévalence dépassant les 200 000 personnes.

« Bien que l’incidence de la maladie soit plus élevée chez les personnes âgées, environ 38,7 % des nouveaux cas surviennent chez les 19-64 ans, ce qui représente une part importante de la population en âge de travailler », note le LPCC.

Les données montrent que le Portugal affiche des niveaux de dépenses consacrées aux soins contre le cancer inférieurs à la moyenne européenne, représentant environ 4 % des dépenses totales de santé, contre 5,5 % dans l’UE.

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