Faire plus d'exercice. Boire moins. Apprendre le portugais. Soyez présent. S'organiser. Recommencez.
Les résolutions du Nouvel An sont souvent considérées comme irréalistes ou performantes, comme un rituel que nous savons ne pas pouvoir respecter. Mais ce n'est pas là leur véritable objectif. Les résolutions ne sont pas des prévisions. Ce sont des miroirs.
Ce que nous décidons de changer révèle généralement davantage la façon dont nous avons vécu que la direction que nous pensons prendre.
Les résolutions qui font surface ici en Algarve reflètent souvent un type particulier de désir. Les expatriés promettent de s'engager enfin à prendre des cours de portugais après des années passées à se débrouiller avec des fragments. D'autres se promettent d'explorer au-delà de leur rayon habituel, de visiter ce village devant lequel ils passent toujours en voiture, de se baigner sur une autre plage, d'arrêter de vivre comme un touriste dans leur propre pays d'adoption. Il ne s'agit pas vraiment de langue ou de géographie. Il s'agit d'appartenance, de combler le fossé qui sépare le fait de vivre quelque part et d'en faire véritablement partie.
La personne qui s'engage à "ralentir" est rarement paresseuse. Le plus souvent, elle a vécu à un rythme insoutenable, confondant le mouvement constant avec le sens. La promesse de se reposer est moins une question de confort que de réparation.
Les personnes qui décident d'améliorer leur santé ne recherchent pas toujours l'esthétique. Il s'agit parfois d'une reconnaissance silencieuse du fait que leur corps a absorbé des facteurs de stress que leur esprit a normalisés. Dans ce sens, la santé devient une limite plutôt qu'un objectif.
Ensuite, il y a ceux qui prennent des résolutions et qui veulent une structure. Les planificateurs, les constructeurs de routines et de systèmes. Il s'agit souvent de personnes qui sortent du chaos : une année de bouleversements, de transition ou de bruit émotionnel. L'organisation n'est pas tant une question de contrôle que de sécurité.
Il est intéressant de noter que certaines personnes ne prennent aucune résolution. Cela aussi est révélateur. Pour certains, c'est le signe d'un contentement, d'un sentiment que la vie n'a pas besoin d'être corrigée de façon radicale. Pour d'autres, c'est un signe de fatigue : une réticence à exiger davantage d'eux-mêmes après une année exigeante.
Il existe également une catégorie de résolutions plus discrètes dont on parle rarement. Il ne s'agit pas d'une amélioration, mais d'une permission. De dire non plus souvent. D'arrêter d'expliquer. De quitter les situations qui ne conviennent plus. Ces résolutions sont moins visibles, mais ce sont souvent celles qui ont le plus de conséquences.
Ce que tout cela suggère, c'est que les résolutions visent rarement à devenir quelqu'un de nouveau. Il s'agit de se remettre en phase avec son énergie, ses valeurs, ses limites.
D'après mon expérience au Portugal, la nouvelle année arrive sans le même sentiment d'urgence qu'ailleurs. Il y a moins de pression pour réinventer et plus d'espace pour recalibrer. C'est peut-être la raison pour laquelle les résolutions sont souvent plus douces : marcher plus, cuisiner mieux, passer du temps avec les gens qui comptent. Elles reflètent un instinct culturel de durabilité plutôt que d'accélération.
Ainsi, si vous vous surprenez à prendre (ou à éviter) des résolutions cette année, il peut être utile de se poser une question différente. Non pas "Vais-je tenir cette résolution ?", mais "Qu'est-ce que cela essaie de me dire sur l'année que je viens de vivre ?".







