Dans un communiqué, l'évaluation des risques 2024 de la Commission européenne accuse Temu de ne pas avoir correctement identifié, analysé et évalué les risques systémiques posés aux consommateurs de l'Union européenne (UE) par la vente de produits illégaux sur sa plateforme.

Sur la base des éléments de preuve issus de son enquête sur Temu, la Commission européenne affirme que les consommateurs de l'UE sont fortement susceptibles de trouver des articles illégaux en vente sur la plateforme chinoise de vente au détail en ligne.

Détection de produits illégaux

Parmi les produits illégaux détectés, la Commission européenne signale qu'un pourcentage élevé de jouets pour bébés testés présente des risques de sécurité allant de modérés à graves, car ils contiennent des substances chimiques qui dépassent les limites de sécurité légales ou présentent des risques d'étouffement en raison de pièces détachables.

De même, les analystes ont constaté qu'un pourcentage très élevé de chargeurs n'avaient pas passé les tests de sécurité de base et qu'ils avaient également identifié des bijoux présentant des risques pour la sécurité.

L'exécutif de l'UE souligne que l'évaluation des risques menée par Temu en 2024 ne répond pas aux normes établies par la loi européenne sur les services numériques (DSA) et "repose sur des informations générales concernant les risques associés au secteur du commerce électronique" plutôt que d'être fondée sur des "preuves spécifiques concernant le propre service de Temu".

Cette évaluation des risques, poursuit l'exécutif, "sous-estime gravement la fréquence à laquelle les consommateurs de l'UE sont susceptibles de rencontrer des articles illégaux".

Une stratégie de marketing agressive

La Commission européenne accuse en outre la plateforme chinoise de "ne pas avoir évalué de manière adéquate" la façon dont la conception de son service, y compris ses systèmes de recommandation et ses programmes de promotion de produits impliquant des influenceurs affiliés, pourrait augmenter les risques de diffusion de produits illégaux.

Il s'agit de l'amende la plus élevée jamais imposée par la Commission européenne en vertu de la loi sur les services numériques ; la deuxième plus élevée, 120 millions d'euros, a été imposée au réseau social X (anciennement Twitter), propriété du magnat Elon Musk, en décembre 2025.

L'exécutif européen note que le montant de l'amende a été calculé en fonction de "la nature de l'infraction, de sa gravité en termes de nombre d'utilisateurs affectés et de sa durée".

"L'absence d'évaluation adéquate des risques, l'un des piliers fondamentaux de l'architecture de la loi sur les services numériques, constitue une infraction particulièrement grave", note la Commission européenne.

Si elle choisit de ne pas faire appel, Temu dispose maintenant de trois mois pour payer l'amende ; en outre, elle doit soumettre à la Commission européenne, avant le 28 août, un plan d'action détaillant la manière dont elle entend remédier aux lacunes identifiées, qui sera ensuite soumis à un avis de la Commission européenne des services numériques.

"La Commission disposera alors d'un mois supplémentaire pour adopter une décision finale et fixer un délai raisonnable pour sa mise en œuvre", précise l'exécutif, qui prévient que si Temu ne respecte pas cette décision finale, elle pourrait devoir payer des "sanctions financières périodiques".

Cette amende a été appliquée dans le cadre d'une enquête ouverte en mars 2024 par la Commission européenne sur Temu et se limite aux lacunes identifiées dans l'évaluation des risques de Temu pour 2024.

Dans le cadre de cette enquête, la Commission européenne évalue également d'autres questions, telles que la "conception additive" de la plateforme, les systèmes de recommandation et les évaluations des risques effectuées par Temu au cours des années suivantes, et peut également imposer des amendes pour l'une ou l'autre de ces questions.