« Nous allons instaurer une interdiction d’utiliser les smartphones au collège », a révélé le ministre de l’Éducation, Fernando Alexandre, dans des propos tenus à l’agence Lusa, expliquant que les établissements scolaires disposeront du premier trimestre pour s’adapter et mettre en place cette nouvelle mesure, qui entrera en vigueur le 1er janvier 2027.

Extension de l’interdiction

Cette mesure, qui concerne actuellement les élèves de la 1re à la 5e, sera donc étendue jusqu’à la 9e, tout en conservant certaines exceptions, telles que les raisons médicales dûment justifiées.

Fernando Alexandre a expliqué que cette décision s’appuyait sur les tendances internationales et sur une nouvelle enquête menée auprès des chefs d’établissement, qui ont indiqué que dans les établissements où les téléphones portables sont interdits, on observe « davantage de socialisation » et « moins de comportements inappropriés ».

Au cours de l’année scolaire précédente, l’interdiction n’était obligatoire que pour les élèves des 1er et 2e cycles, mais 52 % des établissements du 3e cycle avaient également décidé d’interdire les « smartphones », tandis que 82 % avaient imposé une forme ou une autre de restriction.

Augmentation des interactions sociales

Dans les établissements où l’utilisation des téléphones portables n’est plus autorisée, les interactions sociales ont augmenté de 36 % par rapport aux établissements sans restriction, tandis que dans ceux ayant opté pour des restrictions partielles, l’amélioration était de 16 %, selon une étude du PLANAPP – Centre de planification et d’évaluation des politiques publiques, qui a révélé que la discipline s’était également améliorée : de 13 % dans les établissements sans « smartphones » et de 9 % dans ceux ayant adopté des restrictions.

Les chefs d’établissement interrogés dans le cadre de l’étude ont également déclaré que l’existence d’un cadre juridique avait renforcé l’autorité des établissements.

Les avantages liés à l’absence de « smartphones » dans les cours de récréation ont conduit de plus en plus de chefs d’établissement à adopter cette mesure, même aux niveaux scolaires où elle n’était pas encore interdite : la majorité des établissements (66 %) accueillant des élèves du 3e et du 2e cycles ont décidé l’année dernière de mettre en œuvre l’interdiction chez les élèves plus âgés, soit plus du double du chiffre de l’année précédente.

Fernando Alexandre estime que cette interdiction protège les jeunes : « Les effets néfastes sur le développement des enfants et des jeunes sont désormais plus qu’évidents ; ils ont été scientifiquement prouvés. Avec cette mesure, nous cherchons à créer les meilleures conditions pour le développement des enfants et des jeunes et à garantir les meilleures conditions d’apprentissage. »

Défis liés à la mise en œuvre

Le ministre a reconnu que les établissements où les élèves du premier et du deuxième cycle du secondaire étudient ensemble pourraient être confrontés à « certains défis de mise en œuvre » et a donc accordé une période de transition jusqu’en décembre afin de garantir que l’interdiction dans les collèges « entre en vigueur le 1er janvier 2027 ».

L’ensemble de ce processus a débuté en 2024/2025, avec une recommandation visant à ce que les élèves des 1er et 2e cycles cessent d’apporter leurs smartphones à l’école. Une première étude menée par PLANAPP a conclu que cette mesure favorisait une meilleure socialisation et réduisait les comportements inappropriés ainsi que le harcèlement. En septembre 2025, la recommandation a été étendue à une interdiction jusqu’à la 5e.

Fernando Alexandre estime que la décision d’étendre l’interdiction jusqu’à la 3e « sera très bien accueillie par les familles et les établissements scolaires », arguant qu’il s’agit également « d’une question de responsabilité en matière de politique publique ».

Mesures complémentaires

Le ministre a reconnu que cette mesure devait être complétée par d’autres politiques.

« Nous sommes actuellement en train de recruter 1 406 professionnels spécialisés, dont environ la moitié sont des psychologues », a-t-il déclaré, précisant que la rénovation des espaces extérieurs des établissements scolaires, promise précédemment, est également en cours de préparation.

Fernando Alexandre a souligné que l’interdiction au Portugal s’inscrit dans « la tendance internationale », notant que la plupart des systèmes éducatifs ont déjà adopté des restrictions nationales sur l’utilisation des téléphones portables à l’école et que l’Union européenne a mis en place des initiatives visant à limiter l’accès aux réseaux sociaux pour les moins de 16 ans.

« Il ne fait aucun doute que nous devons réglementer l’utilisation des smartphones et des réseaux sociaux, car ils entraînent effectivement des comportements addictifs qui restreignent la liberté des individus. Réglementer l’utilisation des réseaux sociaux ne revient pas à restreindre la liberté ; il s’agit de veiller à ce que les comportements addictifs – qui limitent la liberté de choix des jeunes et des individus – soient endigués », a-t-il fait valoir.