L’été nous aide à ressentir cela plus facilement. Nous ralentissons, souvent à cause de la chaleur. Et dans ce ralentissement, les choses commencent à se remettre en place. Nous sentons la pression s’alléger peu à peu, tandis que la chaleur devient notre principale préoccupation.

C’est dans les petits choix que je le remarque le plus. Dire oui à l’ami qui me fait rire jusqu’à en avoir mal au ventre. Aller à la plage ou à la rivière pour me baigner, car pour moi, être près de l’eau est le meilleur moyen de me détendre. Me reposer au milieu de l’après-midi, quand la chaleur rend tout le reste insupportable, et m’autoriser à le faire.

Les petits choix

Pendant longtemps, j’ai considéré le repos comme quelque chose que je devais mériter. Je surmontais la fatigue, je passais outre cette partie de moi qui voulait s’arrêter, et je me disais que je ralentirais une fois le travail terminé. Le travail n’est jamais terminé. Il y a toujours un autre e-mail, une autre tâche sur la liste, une autre raison de continuer. L’été a le don de mettre fin à tout ça. La chaleur vous oblige à vous asseoir, que vous l’ayez prévu ou non. Et c’est dans ces pauses forcées que j’ai commencé à remarquer tout ce que j’avais ignoré jusqu’alors.

C’est ça, être en harmonie avec soi-même. Ce sont les petits choix que l’on fait qui nous aident à revenir à notre corps, à nous sentir plus calmes et plus épanouis. Ce sont une centaine de petits moments où l’on choisit ce qui nous semble authentique, plutôt que ce que l’on croit devoir faire.

Votre intuition connaît le chemin. Elle l’a toujours su. Le problème, c’est que nos vies bruyantes et dévorantes l’étouffent, avec tout ce bruit, ces listes et les besoins des autres. L’été baisse souvent un peu le volume pour que vous puissiez à nouveau vous entendre.

Trouver le bonheur

Je pense que la plupart d’entre nous savent, au fond d’eux-mêmes, ce qu’ils veulent vraiment. Nous savons quelles personnes nous laissent un sentiment de légèreté et de joie, et lesquelles nous laissent vidés. Nous connaissons la différence entre les projets auxquels tout notre être dit « oui » avec enthousiasme et ceux que nous acceptons par culpabilité. Nous sommes simplement devenus experts dans l’art de nous convaincre du contraire, car suivre cette intuition reviendrait à décevoir quelqu’un.

Lorsque vous commencez à écouter, les choses qui vous semblaient insurmontables commencent à vous paraître à portée de main. Vous consacrez du temps aux personnes qui vous apportent de la joie. Vous vous rendez dans les lieux qui font chanter votre âme. Vous vous accordez enfin le repos que vous vous refusiez. Cela ne demande pas d’efforts particuliers, il suffit d’écouter les signaux que nous envoie notre corps.

Je viens de rentrer d’une retraite au Portugal, près de Tavira, où j’ai animé des séances de lecture. Après le travail, mes journées étaient remplies de baignades en pleine nature, de délicieux gâteaux, de couchers de soleil et du chant magnifique des grenouilles dans la piscine. Chaque matin, j’entendais le chant du coq, sachant que je pouvais me rendormir jusqu’à ce que mon réveil sonne. C’était un pur bonheur !

Crédits : Envato Elements ; Auteur : olegbreslavtsev ;

Pour moi, c’est ça, le véritable sentiment d’abondance. Ce n’est pas un solde bancaire ni un agenda bien rempli. C’est un sentiment de plénitude qui vient du fait d’être dans la nature, à faire ce que l’on aime.

Invitation estivale

Nous rendons les choses bien trop compliquées. Nous lions notre valeur à ce que nous produisons et à notre fatigue en fin de journée, comme si l’épuisement était la preuve d’une vie bien remplie. L’été nous lance une invitation différente. Il nous invite à croire que l’on n’a pas besoin de se tuer à la tâche pour mériter sa place. À croire que la joie n’est pas une récompense que l’on obtient plus tard, mais quelque chose d’accessible dès maintenant, au cœur d’une journée ordinaire.

L’abondance n’est pas quelque chose que l’on poursuit. Elle jaillit lorsque l’on se remet au diapason de son propre corps, de sa propre intuition, de son propre rythme.

Voici donc un petit rappel, si vous en avez besoin. C’est maintenant votre moment. Pas quand les choses se seront calmées, pas quand vous l’aurez mérité, pas quand votre liste de tâches sera enfin vide. Maintenant. Les gens, les lieux, le repos, la joie. Tout est là, attendant que vous ralentissiez suffisamment pour le remarquer.

Même si ce n’est que cinq minutes, le temps de boire votre café au soleil du matin.

Avec toute mon affection, Sally Heart